3 plantes endémiques à cultiver dans son jardin, ou comment participer à la sauvegarde des espèces en voie d’extinction.



De nombreuses espèces endémiques végétales de Nouvelle-Calédonie sont en voie d’extinction. Une manière simple de contribuer à leur préservation, ne nécessitant que peu d’entretien, est accessible à tous : les cultiver dans son jardin. Jean-Jacques Villegente, propriétaire de la pépinière Eriaxis, située au Mont-Mou dans la commune de Païta, participe activement à la sauvegarde des espèces endémiques du territoire. Avec plus d’un millier d’espèces végétales cultivées sur sa propriété de 18 hectares, il contribue à leur pérennité. Pépinière de référence en matière de plantes endémiques, la province Sud a ainsi établi de nombreux contrats de culture avec Jean-Jacques, aux côtés d’autres fournisseurs et pépiniéristes, pour la restauration, l’aménagement paysager ou le reboisement de nombreux sites, tels que la baie de Kuto à l’Île des Pins, le Château Hagen ou le Parc Zoologique et Forestier.


Haies, lianes, aménagements paysagers…tout est disponible dans l’abondance et la richesse des plantes calédoniennes pour embellir son espace privé tout en préservant les espèces endémiques ou indigènes. Au cours d’une visite dans la pépinière de Jean-Jacques Villegente, nichée au fond du Mont-Mou, celui-ci insiste sur l’importance de restaurer l’équilibre biologique du territoire : « chaque espèce endémique est représentative du territoire ou d’une aire spécifique, et raconte une histoire, celle de la Nouvelle-Calédonie ».

L’association environnementale Caledoclean sollicite régulièrement l’expertise de Jean-Jacques, notamment pour ses vastes opérations de reboisement. Pour autant, pour Thibaut Bizien, le chargé de mission, faire de la culture de plants locaux chez soi permet de se détourner des espèces exotiques importées, populaires mais dans la plupart des cas envahissantes, afin d’afficher « notre identité calédonienne à travers les jardins, tout en améliorant la biodiversité globale ». D’autre part, parmi les espèces importées, l’on retrouve souvent les mêmes espèces (Flamboyants, Bois d’Haïti, Bougainvillier, etc.), « donc en cultivant les plantes locales à la maison, on va fournir de nouvelles espèces parmi les milliers que nous avons à notre disposition, afin de constituer des jardins plus complexes, avec par exemple, des espèces florales spécifiques qu’on n’a plus l’habitude d’observer ». Enfin, « plus il y a de dispersion géographique, plus la diversité génétique des graines sera garantie. En cela, on participe à créer des sortes de mini conservatoires, puisque si ces espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction dans leur milieu naturel » complète Thibaut. Ainsi, se tourner vers notre flore locale apparaît indéniablement comme un pas de plus vers le respect de l’environnement qui nous entoure. Sur les conseils avisés de Jean-Jacques Villegente, voici une liste non exhaustive de 3 plantes locales à avoir dans son jardin.

1 : L’Arthroclianthus Angustifolius

« L’arbre endémique qu’il faudrait dans tous les jardins calédoniens »

Origine : Nouvelle-Calédonie
Statut : Liste rouge
Habitat : Forêt humide
Description : Arbuste qui peut atteindre 3 ou 4 mètres, mais possibilité de le tailler. Très mellifère. Très faible encombrement.
Conseil : Ne pas le tailler trop régulièrement et trop court.
Exposition : Normalement, l’Arthroclianthus pousse en bord de rivière dans des zones très sèches. Donc la plupart du temps, pousse à l’ombre mais peut tout autant se développer en plein soleil.
Arrosage : Aucun, sauf au début.
Traitement phytosanitaire : Aucun.
Floraison : Fleurit très souvent dans l’année, notamment après une pluie soudaine. L’Arthroclianthus peut avoir jusqu’à 8 floraisons par an, qui durent entre 15 jours et 3 semaines. Très grande variété de couleurs : violet, blanc, rouge, jaune, etc.

2 : Le Syzygium Baudouinii

Origine : Nouvelle-Calédonie
Statut : Liste rouge
Habitat : Marécages, formations palustres.
Description : A l’origine, dans son habitat naturel, le Syzygium Baudouinii est un arbre pouvant atteindre 4 ou 5 mètres de hauteur, et pousse le long des rivières à l’ombre. Sa croissance est un peu lente sur les deux premières années. Ses feuilles juvéniles sont roses.
Conseil : Idéal pour faire une haie occultante. Ne se taille que rarement, 1 fois par an suffit. On peut lui donner la taille que l’on veut.
Exposition : Plein soleil ou à l’ombre.
Arrosage : Aucun.
Traitement phytosanitaire : Aucun

3 : La Canavalia Favieri

Origine : Nouvelle-Calédonie
Statut : Liste rouge.
Habitat : Forêt sèche
Description : Liane très rare à observer dans la nature. Elle est très volubile, c’est-à-dire qu’elle ne peut s’élever qu’en s’enroulant autour d’un support. Produit des fleurs de couleur rouge foncé sur des grappes.
Conseil : La Canavalia Favieri a un très fort pouvoir couvrant. Idéale à placer sur une barrière, une tonnelle ou un arbre. Elle ne nécessite aucun entretien et possède un très fort pouvoir couvrant. De plus, la couleur des fleurs est spectaculaire.
Exposition : Soleil, ombre.
Arrosage : Aucun, sauf au début.
Floraison : Nombreuses floraisons toute l’année.
Traitement phytosanitaire : Aucun.

Pour plus d’informations et de précisions sur la biodiversité calédonienne : www.endemia.nc

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